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Publié par La belle Inutile

Pendant trois semaines, du lundi au vendredi à partie du 23 février 2015

A écouter et à podcaster avec les liens ci-joints


Le Rouge et le Noir de Stendhal

Réalisation Michel Sidoroff

Conseillère littéraire Emmanuelle Chevrière

Adaptation Hélène Bleskine

De l'idée de Julien au Rouge et Noir

« Dans la nuit du 25 au 26 octobre 1829, Stendhal a "l'idée de Julien". Le 30 novembre 1830, Le Rouge et le Noir sort en librairie. Il faut retenir certains faits. Commençant Julien, Stendhal a quarante-huit ans et il n'est pas romancier, la très courte Armance à part, qui était plutôt un pari. D'autre part, plus d'un an pour Julien, c'est long pour Stendhal, écrivain extraordinairement rapide. Mais ce temps n'est pas juste et une sorte d'accident de la création l'a retardé. Détails de première importance, les sous-titres du roman : Chronique du XIXème siècle, puis Chronique de 1830.

En fait, dans cette nuit d'octobre 1829, Stendhal, venant de Grenoble, était à Marseille où il resta encore plus d'un mois, le temps d'écrire ce qu'il appelait « le premier manuscrit » de Julien.

Une note de 1833 à propos d'une autre œuvre révèle son procédé : « Arranger ceci comme j'arrangeai Julien à Marseille. Alors, au premier moment d'enthousiasme j'achèverai. »

Donc le Julien initial arrangé à Marseille, le premier moment d'enthousiasme survient le 17 février 1830, probablement stimulé par la perspective d'un traité pour Julien avec le libraire Levavasseur, qui sera signé le 8 avril. Le 12 avril, il envoie la fin de la copie du premier volume pour les épreuves. Il a dû «achever» beaucoup depuis février, c'est à dire corriger et encore corriger. Sa nature est telle : "Je vois mille corrections (à faire) même au grand Molière." Il ne lui reste à peu près rien de ses premiers manuscrits.

Le 10 mai, premier bon à tirer de la première feuille (environ 34 pages de l'édition originale, donc à peu près les chapitres I-IV). Et le titre est devenu Le Rouge et le Noir. Ce titre a suscité tant d'interprétations, donne tant de sens au roman, qu'il paraît préférable de connaître plutôt l'explication de Stendhal lui-même, rapportée par Émile Forgues dans Le National du 1er avril 1842 : "Le Rouge signifie que, venu plus tôt, Julien (le héros du livre) eût été soldat ; mais à l'époque où il vécut, il fut forcé de prendre la soutane, de là le Noir." Il semble que le nouveau titre écarte Julien de son simple destin individuel et en marque le fond politique, avec surtout le grand vol noir des soutanes, la puissante nuisance de la Congrégation. Après tout, c'est à cause de la lettre d'un prêtre que Julien finira guillotiné. »

Extrait de la postface de Anne-Marie Meininger, éditions Folio Classique.

Adapter Le Rouge et le Noir en fiction radiophonique.

"Capter la voix de l'auteur, tel est le défi que je me suis imposé. La voix de Stendhal est présente tout au long du roman. Et nous sommes au royaume de la subtilité.

Une voix comme un fil électrique rattaché aux Lumières du XVIIIème siècle, légèreté et enthousiasme.

Stendhal est amoureux de Mozart, de Cimarosa: « Les jours de bonheur, vous préférerez Cimarosa. Dans les moments de tristesse, Mozart aura l'avantage. »

Stendhal est amoureux de la fougue, de l'énergie, de l'imprévu. « Il s'agit de ne pas bâiller d'ennui. »

Des émotions vives, l'ardeur, le courage. Il écrit par exemple : « Le caractère des Français est gai, brave, moqueur, insouciant. »

Stendhal est le prince de la nuance, de la complexité. Et il n'oublie jamais « la vérité, l'âpre vérité ».

C'est pourquoi Le Rouge et le Noir est aussi un grand roman politique.

Aucune aigreur, aucun ressentiment, ses pensées intérieures sont sans acrimonie.

Ce qui est le grand art. Le grand art justement de l'esprit des Lumières.

Et ce qui ravissant, ce sont toutes les voix intérieures de tous les personnages, les monologues secrets, l'invention de l'intime en soi, ce qui s'appelle penser par soi-même au fur et à mesure que se déroule l'action.

« L'intime du cerveau » comme l'écrivait Baudelaire à propos de Delacroix : « Il donne à voir l'intime du cerveau, une intense méditation. »

Stendhal a inventé cette intimité du cerveau dans le roman.

C'est pourquoi ces voix intérieures qui courent dans Le Rouge et le Noir, ont été comme des fugues, des intermèdes presque chuchotés, quelque chose d'inouï pour attraper le rythme, la musique de ce roman."

Hélène Bleskine

AVEC :

Le narrateur: Simon Duprez

Julien Sorel: Damien Zanoly

Mr de Rênal: Françios Kergourlay

Mme de Rênal: Vanda Benes

Le curé Chélan: Philippe Laudenbach

Le père Sorel: Charlie Nelson

Le geolier: Daniel Krellenstein

Et les voix de:

Clara Noël, Cindy Lemineur et Leslie Menahem

Bruitage: Patrick Martinache

Prise de son, montage, mixage Jehan-Richard Dufour, Emmanuel Armaing

Assistant à la réalisation: Félix Levacher